Les Néandertaliens soignaient-ils déjà leurs caries il y a 60 000 ans ?
Pendant longtemps, les Néandertaliens ont été décrits comme des êtres rustiques, vivant uniquement au jour le jour, sans réelle compréhension médicale. Pourtant, les découvertes archéologiques récentes continuent de bouleverser cette image. Une étude scientifique publiée en 2026 dans la revue PLOS ONE suggère même qu’ils auraient été capables de traiter des caries dentaires il y a près de 60 000 ans.
Cette découverte fascinante ouvre une nouvelle fenêtre sur l’histoire de la dentisterie et montre à quel point les douleurs dentaires accompagnent l’humanité depuis des millénaires.
Une découverte étonnante en Sibérie
Tout commence dans la grotte de Chagyrskaya, située dans les montagnes de l’Altaï, en Sibérie. Des chercheurs y ont retrouvé une molaire appartenant à un Néandertalien adulte ayant vécu il y a environ 59 000 ans.
Cette dent présentait une large cavité très inhabituelle. Après des analyses approfondies (scanner micro-CT, microscopie électronique et expérimentations), les scientifiques ont conclu que cette cavité n’était probablement pas naturelle.
Selon l’étude, la dent aurait été volontairement modifiée à l’aide d’un outil en pierre très fin, utilisé avec un mouvement de rotation ou de forage. Les chercheurs pensent que l’objectif était de retirer du tissu infecté ou de soulager une douleur liée à une carie profonde.
Cette intervention représenterait aujourd’hui la plus ancienne preuve connue de traitement invasif d’une carie dentaire chez l’être humain.
Source scientifique :
Zubova AV et al. Earliest evidence for invasive mitigation of dental caries by Neanderthals. PLOS ONE, 2026.
Les caries existaient déjà chez les Néandertaliens
On imagine parfois que les caries sont des maladies modernes liées au sucre industriel. En réalité, elles existent depuis très longtemps.
Les bactéries responsables des caries étaient déjà présentes dans la bouche des populations préhistoriques. Même si l’alimentation des Néandertaliens était très différente de la nôtre, certaines fermentations alimentaires pouvaient déjà provoquer des lésions dentaires.
Les chercheurs ont d’ailleurs retrouvé plusieurs traces de caries chez les Néandertaliens dans différents sites archéologiques européens et asiatiques.
Cette découverte rappelle que la santé bucco-dentaire a toujours été un enjeu important pour l’être humain.
Pour mieux comprendre les mécanismes des caries et leur prévention aujourd’hui, vous pouvez consulter notre article sur comment prévenir les caries dentaires : conseils et astuces.
Une forme primitive de dentisterie ?
Le plus impressionnant dans cette étude n’est pas seulement la présence d’une carie, mais la tentative de traitement.
Les scientifiques ont observé :
- des micro-rayures compatibles avec un outil tournant,
- des traces de manipulation volontaires,
- une cavité élargie artificiellement,
- et surtout des signes montrant que la personne a survécu après l’intervention.
Autrement dit, cette dent aurait continué à être utilisée après le “soin”.
Les chercheurs ont même reproduit expérimentalement ces marques sur des dents modernes en utilisant des outils similaires à ceux retrouvés dans la grotte. Les résultats obtenus étaient très proches des traces observées sur la molaire fossile.
Bien entendu, il ne s’agissait pas d’une dentisterie comparable à celle d’aujourd’hui. Il n’y avait ni anesthésie, ni instruments modernes, ni matériaux d’obturation. Mais cette découverte montre une véritable volonté de soulager une douleur dentaire.
Les Néandertaliens étaient bien plus évolués qu’on ne l’a longtemps pensé
Depuis plusieurs années, les découvertes scientifiques changent progressivement notre regard sur les Néandertaliens.
On sait désormais qu’ils :
- fabriquaient des outils complexes,
- maîtrisaient le feu,
- prenaient soin des blessés,
- utilisaient probablement certaines plantes médicinales,
- et développaient des comportements sociaux élaborés.
Cette nouvelle étude vient renforcer l’idée que les Néandertaliens possédaient également une forme de compréhension des douleurs et des soins corporels.
Les auteurs de l’étude estiment même que cette intervention dentaire nécessitait :
- de la précision,
- une motricité fine,
- une capacité de planification,
- et une certaine compréhension de la cause de la douleur.
Heureusement, la dentisterie a beaucoup évolué
Même si cette découverte est fascinante, elle rappelle aussi à quel point les douleurs dentaires ont toujours été difficiles à supporter.
Aujourd’hui, les soins dentaires permettent heureusement de traiter les caries de manière beaucoup plus confortable, précoce et efficace.
Grâce aux progrès de l’imagerie et des techniques modernes, il est désormais possible de diagnostiquer rapidement de nombreuses pathologies bucco-dentaires. Les technologies numériques utilisées en cabinet améliorent également la précision des soins et le confort des patients. Vous pouvez découvrir ces avancées dans notre article consacré aux empreintes numériques en dentisterie.
Conclusion
Cette découverte archéologique étonnante nous rappelle que les problèmes dentaires accompagnent l’humanité depuis des dizaines de milliers d’années. Elle montre aussi que les Néandertaliens étaient probablement capables de gestes médicaux bien plus élaborés qu’on ne l’imaginait autrefois.
Même si la dentisterie moderne n’a évidemment plus rien à voir avec ces pratiques préhistoriques, une chose n’a pas changé : lorsqu’une dent fait souffrir, l’être humain cherche toujours à soulager cette douleur.
Et finalement, entre les premiers outils en pierre des Néandertaliens et les soins dentaires modernes, il existe peut-être un même objectif qui traverse toute l’histoire humaine : préserver le sourire et améliorer la qualité de vie.
Sources scientifiques
- Zubova AV et al. Earliest evidence for invasive mitigation of dental caries by Neanderthals. PLOS ONE, 2026.
- Oxilia G et al. Earliest evidence of dental caries manipulation in the Late Upper Palaeolithic. Scientific Reports, 2015.
- Weyrich LS et al. Neanderthal behaviour, diet, and disease inferred from ancient DNA in dental calculus. Nature, 2017.
